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L’UE interroge Apple, Google et Microsoft sur des escroqueries financières en ligne

L’Union européenne a exigé le 23 septembre que les géants de la technologie, y compris Apple et Google, expliquent les mesures qu’ils prennent contre les escroqueries financières en ligne, alors que Bruxelles cherche à démontrer qu’elle ne recule pas devant l’application de ses règles.

La Commission européenne a envoyé une demande d’informations en vertu de la loi sur les services numériques (DSA) à ces entreprises, ainsi qu’à Microsoft et Booking.com, « sur la manière dont elles s’assurent que leurs services ne sont pas utilisés à mauvais escient par des escrocs », a déclaré un porte-parole de l’UE.

La DSA est la loi emblématique de l’UE qui exige des grandes entreprises technologiques qu’elles en fassent plus pour lutter contre les contenus illégaux, mais elle a fait face à des menaces de représailles de la part du président américain Donald Trump et à des accusations de censure de la part du secteur technologique américain.

L’UE a promis qu’elle ne reculerait pas dans l’application de ses règles pour protéger les Européens en ligne.

La demande du 23 septembre pourrait mener à une enquête en vertu de la DSA et même à des amendes, mais elle ne suggère pas en soi que la loi a été violée, ni ne constitue une étape vers une sanction.

« C’est une étape essentielle pour protéger les utilisateurs à travers l’UE contre certaines de ces pratiques, et pour s’assurer que les plateformes dans l’UE jouent également leur rôle », a déclaré le porte-parole des affaires numériques de l’UE, Thomas Regnier, aux journalistes à Bruxelles.

La demande concerne l’App Store d’Apple, Google Play, l’agence de voyages en ligne Booking et le moteur de recherche Bing de Microsoft.

L’UE craint que les magasins d’applications puissent être utilisés par des escrocs pour créer de fausses applications se faisant passer pour des services bancaires légitimes, ou que des fraudeurs publient des liens vers de faux sites web sur les moteurs de recherche.

Un porte-parole de Microsoft a déclaré que l’entreprise était « engagée à créer des expériences en ligne sécurisées et continuera à dialoguer avec la Commission européenne ».

Google a indiqué qu’il bloquait des centaines de millions de « résultats frauduleux dans les recherches chaque jour », tandis que Booking a déclaré qu’il « s’engagerait de manière constructive » avec Bruxelles.

« Entre 2023 et 2024, nous avons vu une baisse de 1,5 million de réservations frauduleuses liées au phishing détectées et bloquées à 250 000 », a ajouté Booking.

Menaces de Trump

escroqueries financières en ligne

L’UE dispose d’un arsenal juridique renforcé avec la DSA et sa loi sœur, la loi sur les marchés numériques, qui vise à garantir une concurrence loyale en ligne.

Bruxelles a déjà lancé plusieurs enquêtes en vertu de la DSA sur Facebook et Instagram de Meta, ainsi que sur TikTok et X.

Mais ses règles ont suscité la colère de M. Trump – qui a bouleversé le commerce mondial en imposant des tarifs plus élevés à ses partenaires commerciaux et en menaçant d’autres taxes sur ceux qu’il accuse de cibler les entreprises technologiques américaines.

Le département d’État américain, les alliés de Trump et des critiques, y compris le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, et le propriétaire de X, Elon Musk, ont qualifié les règles européennes de censure.

L’UE rejette ces affirmations, soulignant que ce qui est illégal dans le monde réel l’est également en ligne.

Elle a également réfuté les accusations de cibler les titans américains, en pointant des enquêtes sur de grands acteurs chinois qui font face à un examen en vertu de la DSA, y compris la plateforme d’achat AliExpress.

Les défenseurs des règles technologiques du bloc ont quant à eux critiqué l’UE pour ne pas avoir achevé son enquête sur X de M. Musk, ouverte en décembre 2023.

X devrait écoper d’une amende, mais Bruxelles indique que le travail technique sur l’enquête se poursuit.

La responsable numérique de l’UE, Henna Virkkunen, a déclaré à l’AFP la semaine dernière que les enquêtes sur les plateformes en ligne, y compris X, seraient achevées dans les « semaines et mois à venir ».

Elle a averti que d’autres enquêtes pourraient être en préparation. AFP