Des affrontements meurtriers éclatent entre le Hamas et un clan palestinien à Gaza
La ville de Gaza du sud, Khan Younis, a été le théâtre d’une des confrontations internes les plus violentes depuis le début de la guerre, entre une force de sécurité du Hamas et des hommes armés du clan al-Mujaida – l’une des plus grandes familles du sud.
Selon le Hamas, ses forces ont perquisitionné le quartier pour arrêter des individus accusés de collaboration avec Israël.
Des témoignages locaux décrivent cependant une attaque armée menée par environ 50 hommes à bord de cinq pick-up, armés de fusils d’assaut et d’un lance-roquettes (RPG), qui ont envahi le quartier al-Mujaida et tué cinq membres de la famille.
Les parents armés ont rapidement riposté, déclenchant des affrontements prolongés pendant des heures, avec des tirs nourris.
Des rapports circulant sur les réseaux sociaux – difficiles à vérifier de manière indépendante – affirment que plus de 11 membres du Hamas ont été tués, certains de leurs corps ayant été traînés dans les rues.
Des vidéos largement partagées en ligne, que la BBC n’a pas pu vérifier, semblent montrer plusieurs corps ensanglantés vêtus d’uniformes militaires, accompagnés d’une voix off affirmant qu’ils appartenaient à l’unité « Sahm » du Hamas.
Une autre séquence capture des rafales de tirs et un RPG frappant un immeuble résidentiel dans le quartier.
Des anciens locaux sont ensuite intervenus pour médier entre les deux parties, menant à un échange de corps dans le but de contenir l’escalade.
Bien que les motifs exacts restent flous, l’incident a accru l’anxiété parmi les Palestiniens.
Beaucoup craignent que la prolifération d’armes, les tensions entre les familles puissantes et la mainmise du Hamas sur le pouvoir ne dégénèrent en scènes évoquant une guerre civile dans un territoire déjà miné par les déplacements, la destruction et la peur d’une loi de plus en plus anarchique.
Ce n’est pas seulement l’ampleur de la colère que le Hamas affronte de la part de ses nombreux opposants, qu’il a humiliés pendant ses 17 années au pouvoir, qui semble être un facteur clé poussant le groupe à rejeter le plan de cessez-le-feu de Donald Trump. C’est aussi la crainte d’une vengeance violente, d’être tués dans la rue, puisque le plan exige du Hamas qu’il se désarme complètement.
Le chef de son aile militaire à Gaza a indiqué qu’il n’accepte pas le plan, que Trump a dévoilé mardi, comprend la BBC. Le président a donné au groupe jusqu’à 18h00 EDT (22h00 GMT) dimanche pour l’accepter, sous peine de « déclencher l’enfer ».
