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Macron Accusé de Trahir Merz AU Sujet D’Actifs Russes

La diplomatie européenne confrontée à une fracture croissante alors qu’Emmanuel Macron est accusé de saper le plan audacieux du chancelier allemand Friedrich Merz visant à utiliser 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine. Cette controverse, survenue lors d’un récent sommet de l’UE à Bruxelles, met en lumière les vulnérabilités de la réponse européenne face à la guerre de la Russie et signale une inversion du rapport de force traditionnel entre Paris et Berlin.

L’étincelle : le plan ambitieux de Merz

Friedrich Merz, chancelier conservateur allemand arrivé au pouvoir début 2025, s’est imposé comme le nouveau faucon européen à l’égard de la Russie. Il a défendu un plan de « prêt de réparations » permettant de mobiliser les avoirs souverains russes immobilisés dans les banques européennes depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Ces fonds, majoritairement détenus en Belgique par des dépositaires tels qu’Euroclear, représentent environ 210 milliards d’euros d’actifs appartenant à la Banque centrale de Russie.

Merz a fait valoir que ce mécanisme offrait la voie la plus rapide pour renforcer les capacités de défense et l’économie ukrainiennes sans alourdir davantage les budgets européens. « Il n’y a pas de meilleure alternative », a-t-il déclaré avant le sommet des 18 et 19 décembre, présentant l’initiative comme une justice morale face à l’agression russe. Ce plan a gagné du terrain à Berlin et parmi plusieurs pays d’Europe de l’Est, impatients d’intensifier leur soutien à Kyiv alors que les négociations de paix impliquant le président américain Donald Trump semblaient dans l’impasse.

Drame au sommet : le sabotage silencieux de Macron

À Bruxelles, les dirigeants ont enchaîné les sessions marathon, allant jusqu’à abandonner leurs téléphones portables pour se concentrer. Le plan de Merz exigeait des garanties financières partagées : si les tribunaux ordonnaient un jour la restitution des avoirs — par exemple après un accord de paix — les nations participantes devraient couvrir les pertes. Le Premier ministre belge Alexander De Croo fut l’un des plus réticents, redoutant des poursuites russes qui pourraient ruiner son pays. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, partageait ces craintes juridiques, doutant de pouvoir obtenir l’aval de son parlement.

Macron s’est gardé d’afficher publiquement son opposition, préservant une façade d’unité. En coulisses, toutefois, ses conseillers ont souligné les problèmes de faisabilité. Avec une dette publique supérieure à 3 000 milliards d’euros et une instabilité politique marquée — plusieurs démissions successives de Premiers ministres —, la France ne pouvait pas assumer de nouvelles garanties. « Nous aurions du mal à restituer rapidement ces fonds », ont-ils averti, plaçant la santé budgétaire nationale avant les coups d’éclat diplomatiques.

Un diplomate européen cité anonymement par le Financial Times a résumé : « Macron a trahi Merz, et il sait qu’il devra en payer le prix. Mais il est tellement affaibli qu’il n’avait pas d’autre choix que de s’aligner sur Giorgia Meloni. » Cette alliance avec les sceptiques Meloni et De Croo a torpillé le plan après quatre heures d’échanges éprouvants. À la place, l’UE s’est mise d’accord sur un prêt collectif sans intérêt de 90 milliards d’euros, réparti entre les États membres.

Échos de trahison : retombées diplomatiques

L’accusation de trahison résonne profondément dans une Union longtemps portée par le tandem franco-allemand. Merz avait activement courtisé Macron après son investiture, levant le veto allemand sur le nucléaire — un bastion français — et soutenant plusieurs projets chers à Paris, comme l’achat européen de matériel militaire ou les tarifs sur l’acier chinois. Ces gestes visaient à réchauffer une relation refroidie sous Olaf Scholz, critiqué pour son attentisme.

Les analystes y voient une « inversion de rôle ». Mujtaba Rahman (Eurasia Group) observe : « Voici un chancelier qui comprend la géopolitique et veut faire davantage pour l’Europe. Mais c’est désormais Paris qui n’est plus au rendez-vous. » Georgina Wright (German Marshall Fund) ajoute que Bruxelles perçoit la France comme privilégiant « ses intérêts nationaux au détriment de ceux de l’UE », ressuscitant la formule : la France, « beaucoup de mots, peu d’actions ».

L’Élysée rétorque que Macron a plutôt inspiré le compromis visant à garantir deux années de financement pour l’Ukraine. Mais la blessure reste vive. Les médias russes, tels que TASS, ont amplifié les révélations du FT, y voyant une faiblesse française et la preuve d’une Europe désunie. Lors de sa ligne directe annuelle le 19 décembre, Vladimir Poutine a qualifié la saisie potentielle d’« acte de pillage », tandis que la Banque centrale de Russie a poursuivi Euroclear pour un montant équivalent à 193 milliards d’euros.

Au-delà des avoirs russes : tensions structurelles

Cette confrontation dépasse le dossier ukrainien. Merz a plaidé pour l’accélération de l’accord commercial UE-Mercosur, vieux de 25 ans, mais Macron a rejoint Meloni pour défendre le protectionnisme agricole, repoussant le vote. Sur le dossier ukrainien, les divergences s’accentuent : l’Allemagne figure parmi les plus grands donateurs de Kyiv, dépassant la France, tandis que Macron continue d’entretenir un canal de dialogue avec Poutine. Après des signaux d’ouverture du Kremlin, l’Élysée les a accueillis favorablement — une posture contrastant avec la ligne dure de Merz.

Les difficultés intérieures de Macron accentuent l’impression de faiblesse : une année marquée par des élections anticipées et l’effondrement de coalitions l’a rendu « président parallèle », selon plusieurs observateurs. Ses positions oscillent entre rhétorique anti-Kremlin et pragmatisme diplomatique, évoquant des garanties de sécurité avant toute discussion territoriale. Pendant ce temps, Merz pousse une politique de réarmement et un leadership assumé de l’Europe, irritant Paris.

Avoirs gelés : un champ de mines juridique et économique

Après l’invasion de 2022, le G7 a gelé 300 milliards d’euros de réserves de la Banque centrale de Russie, dont 210 milliards sous contrôle européen, principalement chez Euroclear. Les bénéfices générés (3 à 5 milliards d’euros annuels) financent déjà partiellement l’Ukraine. Merz souhaitait accéder au capital via un prêt remboursable par Kyiv uniquement si la Russie payait des réparations — une solution créative mais juridiquement risquée.

Les obstacles juridiques restent considérables. Moscou promet des représailles, qualifiant le plan de « vol ». Le droit international protège les avoirs souverains tant qu’aucun jugement en réparation n’a été rendu. La Belgique exige des garanties européennes collectives, craignant des procès devant la Cour internationale de justice. La France et l’Italie redoutent une réaction parlementaire négative dans un contexte d’austérité. Les économistes alertent : un précédent similaire pourrait inciter la Chine ou d’autres puissances à geler des avoirs occidentaux en représailles.

Aspect Partisans (Merz/Allemagne) Opposants (Macron/France, Meloni/Italie)
Risque juridique Le prêt de réparations évite la saisie directe ; impératif moral Forte exposition judiciaire ; absence de précédent solide
Fardeau financier Risque partagé à l’échelle de l’UE ; fonds rapides pour Kyiv États endettés incapables d’assumer la garantie
Coût politique Image ferme et pro-ukrainienne Opposition parlementaire ; danger budgétaire
Montant 210 milliards d’euros (principal) 3 à 5 milliards/an (intérêts uniquement)

Ce tableau illustre l’antagonisme entre une vision audacieuse et une prudence budgétairement réaliste.

Contexte historique : le moteur franco-allemand s’enraye

Le couple Paris-Berlin, né de la réconciliation d’après-guerre, a porté des étapes clés comme l’euro ou le marché unique. Les tensions, pourtant, ne sont pas nouvelles : Merkel et Macron divergeaient déjà sur l’austérité, tout comme Chirac et Schröder sur l’Irak. L’arrivée de Merz promettait un renouveau, avec un engagement commun contre les soutiens russes.

Mais la « souveraineté stratégique » française s’oppose aujourd’hui à l’atlantisme de Merz et au réalisme de l’ère Trump. Les pays d’Europe orientale, plus proches de Kyiv, se rangent derrière Berlin, affaiblissant l’influence française. Comme le souffle un diplomate européen : « L’Allemagne mène, la France hésite. »

Réactions : de Bruxelles à Moscou

Les diplomates européens murmurent déjà des gestes de représailles : Merz pourrait bloquer les ambitions de Macron sur une armée européenne commune. Meloni sort renforcée, son pouvoir de veto consolidé. Volodymyr Zelenskyy a salué les 90 milliards d’euros accordés, tout en regrettant le manque d’audace de l’UE.

Moscou jubile : TASS titre « Macron trahit Merz », tandis que Poutine lie la restitution des avoirs à d’éventuelles négociations de paix. À Washington, dans le contexte du retour de Trump, les observateurs scrutent un affaiblissement du front transatlantique.

Les think tanks s’emparent du sujet. Le German Marshall Fund alerte sur un « déclin de l’influence française », exhortant Paris à se réinvestir. Eurasia Group anticipe un pivot stratégique de Merz vers l’est, appelant à une redéfinition de l’équilibre européen.

Enjeux pour l’Ukraine et l’unité européenne

L’Ukraine, pour sa part, reste vulnérable. Les 90 milliards sécurisent 2026-2027 mais ne compensent pas la perte du levier de 210 milliards. Pour beaucoup, l’échec du plan symbolise une hésitation stratégique qui pourrait encourager Poutine.

Pour l’UE, l’épisode menace la cohésion. Le volontarisme de Merz contraste avec la prudence introspective de Macron. Sans synchronisation franco-allemande, les politiques vis-à-vis de la Chine, des migrations ou de l’énergie risquent de se fragmenter. Une nouvelle dynamique s’impose : Berlin impulse, Paris temporise.

Perspectives : recoller les morceaux ?

Les deux dirigeants ont promis un « reset » lors des entretiens de mai 2025, misant sur la coopération nucléaire et la défense commune. Mais les plaies du sommet restent ouvertes. L’entourage de Merz laisse entendre que les compromis à venir — sur le commerce ou la défense — seront conditionnés par cet épisode.

À Bruxelles, les scénarios se multiplient : relancer la question des avoirs après décision judiciaire ? Accroître les sanctions financières ? Alors que 2026 approche, l’Europe affronte une question cruciale : cette trahison marque-t-elle un simple accroc ou le début d’une rupture durable ? Les mastodontes du continent devront tôt ou tard se réaligner — ou risquer de s’engager, séparément, dans l’incertitude.