Cinq façons dont la France s’attaque aux pénuries de main-d’œuvre dans le secteur de la construction
La construction française fait face à un défi majeur : 167 000 projets de recrutement prévus en 2025, dont deux tiers jugés difficiles . Pour répondre à cette crise, des solutions concrètes émergent. Découvrez comment le pays modernise son approche, du recrutement aux nouvelles technologies.
1. Recrutement international : une solution d’urgence
Face à la pénurie, la France a actualisé sa liste des métiers en tension pour faciliter l’immigration de travailleurs qualifiés.
| Métier | Projets de recrutement (2025) | Difficulté |
| Maçons qualifiés | 20 010 | Élevée |
| Plombiers chauffagistes | 17 620 | Élevée |
| Couvreurs | 13 430 | Très élevée |
Mesures clés :
- Simplification des régularisations pour travailleurs en situation irrégulière (12 mois de salaires sur 24 mois) .
- Accords transnationaux pour attirer des professionnels étrangers, notamment en Europe de l’Est et en Afrique .
- Exonération de l’offre d’emploi pour les métiers listés, réduisant les délais administratifs.
2. Formation qualifiée : repenser les parcours professionnels
Le secteur mise sur l’alternance et la reconnaissance des compétences pour attirer les jeunes.
Chiffres clés :
- 80% des entreprises augmentent les salaires pour pallier la pénurie.
- 45% des constructeurs estiment que les formations en BIM (Building Information Modeling) sont cruciales.
| Secteur | Besoins 2025 | Actions |
| Second œuvre (plomberie, électricité) | +16 730 ouvriers | Certifications reconnues (CACES, CAP) |
| Gros œuvre (maçonnerie, charpente) | +13 430 couvreurs | Programmes de mentorat entre jeunes et seniors |
Initiatives phares :
- Accords avec Pôle Emploi pour orienter les demandeurs d’emploi vers des formations accélérées.
- Création de métiers hybrides (ex. : électricien-architecte système) pour répondre aux nouvelles exigences énergétiques.
3. Solutions numériques : transformer le chantier
Les technologies réduisent les besoins en main-d’œuvre tout en améliorant la productivité.
Outils clés :
- Logiciels de gestion de chantier (ex. : PlanRadar) : 65% des entreprises les jugent efficaces, mais seulement 25% les utilisent.
- Robots de construction : réduction des tâches répétitives (déblai, bétonnage).
| Avantage | Impact |
| Gestion centraliséedes équipements | -20% de temps perdu |
| Prévention des accidentsvia des capteurs | Réduction des arrêts maladie |
Défis :
- Cohérence des données entre logiciels (BIM, gestion de stocks).
- Formation des équipes aux outils digitaux.
4. Améliorer la qualité de vie au travail (QVT)
Pour retenir les talents, le secteur modernise ses pratiques.
Mesures concrètes :
- Équipements sécurisés : casques connectés, drones pour les inspections.
- Flexibilité horaire : réduction des temps de trajet via des chantiers mobiles.
| Critère | Avant | Après |
| Taux de turnover (Île-de-France) | 25% (maçons) | Objectif : -15% |
| Accidents du travail | 1 toutes les 2 minutes | Objectif : -30% |
5. Partenariats public-privé : une synergie nationale
L’État et les entreprises collaborent pour structurer le secteur.
Exemples :
- Fédération Française du Bâtiment (FFB) : plaidoyer pour des aides à l’embauche ciblées.
- Programmes de rénovation énergétique : création de chantiers écologiques pour former aux métiers du futur.
Résultats attendus :
- Réduction de 8% du chômage des étrangers via les régularisations.
- Doublement des formations en métiers verts d’ici 2030.
Conclusion : un effort collectif pour un secteur vital
La crise de la main-d’œuvre dans le BTP exige une réponse multidimensionnelle : immigration, formation, innovation, QVT et partenariats. Avec 167 000 postes à pourvoir en 2025 , le secteur doit maintenir cette dynamique pour éviter une baisse de 7,5% de l’emploi prévue.
