12 Adaptation au changement climatique et technologies de l’eau au Mali en 2026
Le Mali fait face à des défis climatiques croissants, notamment la sécheresse, les inondations et la raréfaction des ressources en eau. En 2026, le pays déploie des solutions technologiques innovantes pour renforcer sa résilience climatique et améliorer la gestion de l’eau. Ces 12 Climate Adaptation & Water Tech in Mali in 2026 transforment l’agriculture, protègent les communautés vulnérables et optimisent l’utilisation des ressources hydriques limitées.
Plus de 80% de la population malienne dépend d’une agriculture essentiellement pluviale, mais les changements climatiques menacent jusqu’à 40% de la productivité agricole d’ici 2030. Les technologies d’adaptation climatique et d’eau deviennent donc essentielles pour sécuriser l’avenir alimentaire et économique du pays. Du delta intérieur du Niger aux zones frontalières, ces innovations répondent aux besoins spécifiques des communautés rurales et urbaines.
Pourquoi l’Adaptation Climatique est Cruciale au Mali
Le Mali possède des ressources en eau renouvelables estimées à plus de 7,5 km³ par an, mais leur répartition inégale et les impacts climatiques compromettent l’accès à l’eau. Les précipitations devraient diminuer de 5 à 8% d’ici 2030, aggravant les problèmes de sécheresse et de désertification. Le fleuve Niger, vital pour l’irrigation et l’agriculture commerciale, connaît des fluctuations de niveau qui menacent la sécurité hydrique.
Seulement 6% des terres arables maliennes sont actuellement équipées pour l’irrigation, malgré un potentiel estimé à 2,2 millions d’hectares de terres irrigables. Les technologies d’adaptation permettent non seulement d’augmenter les surfaces irriguées, mais aussi d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau qui n’est actuellement que de 0,05 USD/m³ en valeur ajoutée. L’investissement dans ces technologies devient donc impératif pour le développement économique durable.
Les 12 Technologies d’Adaptation Climatique et d’Eau au Mali
1. Systèmes d’Irrigation Solaire Intelligents
Les systèmes d’irrigation alimentés par l’énergie solaire révolutionnent l’agriculture malienne en 2026. Ces technologies combinent pompes solaires, systèmes de goutte-à-goutte et gestion automatisée à distance pour optimiser l’utilisation de l’eau. Les régions de Sikasso, Koulikoro Sud-Ouest, Kayes Est, Ségou Nord et Mopti Ouest offrent le plus grand potentiel pour ces installations.
Le Mali dispose d’environ 0,6 million d’hectares de terres cultivables adaptées à l’irrigation par eau souterraine alimentée par énergie solaire. Avec une moyenne de 300 jours ensoleillés par an, le pays présente des conditions idéales pour cette technologie. Les systèmes utilisent des structures de financement innovantes comme le paiement à l’utilisation (PAYG) pour rendre la technologie accessible aux petits exploitants.
| Caractéristique | Détail |
| Surface potentielle | 0,6 million d’hectares |
| Ensoleillement annuel | 300 jours ensoleillés |
| Régions prioritaires | Sikasso, Koulikoro, Kayes, Ségou, Mopti |
| Modèle de financement | Paiement à l’utilisation (PAYG) |
2. Plateforme de Prévision et d’Alerte Précoce aux Inondations
Lancée officiellement en décembre 2025 dans la commune de Koula, cette plateforme utilise l’intelligence artificielle et la télédétection pour anticiper les risques d’inondation. Le système SAPCI (Système d’Alerte Précoce et de Cartographie des Inondations) s’appuie sur des capteurs de pression, des cartes GSM et des microcontrôleurs pour surveiller en temps réel les niveaux d’eau.
Deux stations hydrométriques ont été installées à Koula avec un réseau de capteurs à faible coût fonctionnel. La plateforme produit des cartes de risque validées et intègre les systèmes nationaux de surveillance. Les autorités locales peuvent désormais émettre des alertes précoces pour protéger les populations vulnérables pendant la saison des pluies 2026.
| Composante | Description |
| Technologie de base | Intelligence artificielle et télédétection |
| Équipement installé | Capteurs de pression, cartes GSM, microcontrôleurs |
| Stations hydrométriques | 2 stations à Koula |
| Portée régionale | Modèle reproductible en Afrique de l’Ouest |
3. Irrigation Goutte-à-Goutte de Précision
L’irrigation goutte-à-goutte représente une solution économe en eau particulièrement adaptée aux conditions arides du Mali. Cette technologie délivre l’eau et les nutriments directement aux racines des plantes, réduisant le gaspillage et augmentant la productivité hydrique jusqu’à 3,8 fois. Les systèmes peuvent être automatisés et gérés à distance grâce aux capteurs IoT.
Les avantages incluent une réduction de 63,8% de la consommation d’eau tout en augmentant les rendements. Pour les agriculteurs maliens confrontés à la diminution des précipitations, cette technologie offre une alternative viable à l’irrigation par inondation traditionnelle. Les systèmes de goutte-à-goutte s’intègrent facilement avec les pompes solaires pour créer des solutions complètement autonomes.
| Avantage | Impact |
| Économie d’eau | Jusqu’à 63,8% de réduction |
| Productivité hydrique | Augmentation de 3,8 fois |
| Automatisation | Gestion à distance via IoT |
| Intégration | Compatible avec pompes solaires |
4. Développement de Forages et Aquifères Souterrains
Le Mali possède des réserves considérables d’eau souterraine renouvelable estimées à 2 720 milliards de mètres cubes. Le développement de forages équipés de pompes solaires permet d’accéder à ces ressources pour l’irrigation et l’approvisionnement en eau potable. Dans le cadre du Programme d’Eau Urbaine Durable du Mali (2022-2026), des forages supplémentaires ont été installés pour augmenter les sources d’eau dans les zones à faible débit.
Les projets incluent l’augmentation de la capacité de pompage et de stockage avec des châteaux d’eau alimentés par panneaux solaires. Pour éviter la surexploitation, les directions agricoles régionales forment les bénéficiaires à l’utilisation durable de l’eau. Un manuel sur l’utilisation des ressources en eau dans les zones à ressources limitées a été développé.
| Ressource | Capacité |
| Eau souterraine renouvelable | 2 720 milliards m³ |
| Eau de surface renouvelable | 11 000 milliards m³ |
| Infrastructure | Forages + pompes solaires + châteaux d’eau |
| Formation | Utilisation durable des ressources |
5. Réhabilitation des Périmètres Maraîchers
Onze périmètres maraîchers ont été renforcés pour résoudre les problèmes d’accès insuffisant à l’eau. Les évaluations ont identifié que les insuffisances sont dues aux faibles débits des forages initiaux, aux capacités de pompage limitées et à la faible capacité de stockage d’eau. Les solutions incluent le forage de puits supplémentaires pour augmenter les sources d’eau et améliorer les débits.
La capacité de pompage a été augmentée grâce à l’installation de panneaux solaires, tandis que de nouveaux châteaux d’eau améliorent le stockage. Ces améliorations permettent aux producteurs maraîchers d’augmenter la diversification des cultures au-delà du coton, de la canne à sucre et du riz. La formation sur la gestion durable de l’eau accompagne ces investissements infrastructurels.
| Problème identifié | Solution apportée |
| Faibles débits de forage | Forages supplémentaires |
| Capacité de pompage limitée | Panneaux solaires |
| Stockage insuffisant | Nouveaux châteaux d’eau |
| Risque de surexploitation | Formation à l’utilisation durable |
6. Capteurs IoT pour Surveillance de l’Eau Agricole
Les capteurs Internet des Objets (IoT) permettent une surveillance en temps réel de la qualité et de la quantité d’eau utilisée en agriculture. Ces dispositifs collectent et transmettent des données sur les paramètres de qualité de l’eau comme la salinité, le pH, la température et l’alcalinité vers une base de données centralisée ou le cloud. Les agriculteurs peuvent accéder à ces informations via leurs téléphones mobiles et recevoir des alertes en cas de variations anormales.
Les capteurs IoT aident à identifier les zones de surconsommation ou de gaspillage d’eau. Les vannes IoT automatiques coupent automatiquement l’approvisionnement en eau lorsque le débit est trop élevé, permettant d’économiser l’eau et l’énergie. Cette technologie est particulièrement pertinente pour le Mali où l’efficacité de l’utilisation de l’eau en irrigation reste faible.
| Fonction | Bénéfice |
| Surveillance temps réel | Données sur qualité et quantité d’eau |
| Paramètres mesurés | Salinité, pH, température, alcalinité |
| Alertes mobiles | Détection rapide des anomalies |
| Contrôle automatique | Vannes IoT pour éviter le gaspillage |
7. Gestion Intégrée des Ressources en Eau du Fleuve Niger
Le fleuve Niger joue un rôle central dans le développement économique du Mali, soutenant l’irrigation, la production d’énergie et les écosystèmes. L’Office du Niger gère la zone d’irrigation permise par le barrage de Markala, soutenant 52% de la production nationale de riz avec un prélèvement annuel de 2,69 km³ d’eau. Les plans visent à étendre la zone irriguée totale à 193 394 hectares.
La gestion intégrée des ressources en eau cherche à équilibrer les besoins en alimentation, énergie et écosystèmes. Des projets pilotes ont démontré le succès de mesures de “développement vert” incluant la régénération forestière et la restauration des étangs piscicoles. Le système CREWS renforce le système de vigilance aux inondations le long du fleuve Niger avec des bulletins améliorés basés sur des prévisions de précipitations.
| Usage | Détail |
| Production de riz | 52% de la production nationale |
| Prélèvement annuel | 2,69 km³ par l’Office du Niger |
| Extension prévue | 193 394 hectares irrigués |
| Approche | Équilibre alimentation-énergie-écosystèmes |
8. Barrages Multifonctionnels pour Irrigation et Hydroélectricité
Le Mali dispose de plusieurs barrages stratégiques combinant irrigation, contrôle des inondations et production hydroélectrique. Le barrage de Manantali offre une capacité de 11 270 millions de m³ pour l’irrigation et l’hydroélectricité. Le barrage de Sélingué (2 170 millions de m³) sert l’irrigation, le contrôle des inondations et génère 46,2 MW de capacité installée représentant 28% de la production nationale.
Le barrage de Markala (175 millions de m³) se concentre sur l’irrigation pour l’Office du Niger. Ces infrastructures hydrauliques permettent de mobiliser les ressources en eau pour promouvoir la sécurité alimentaire et la production énergétique. L’énergie du Mali (EDM) exploite ces installations pour fournir l’électricité aux villes incluant Bamako.
| Barrage | Capacité | Usage |
| Manantali | 11 270 millions m³ | Irrigation, hydroélectricité |
| Sélingué | 2 170 millions m³ | Irrigation, contrôle inondations, 46,2 MW |
| Markala | 175 millions m³ | Irrigation Office du Niger |
| Sotuba | – | 5,7 MW, 3,9% production nationale |
9. Surveillance par Satellite de la Productivité de l’Eau
La plateforme WaPOR (Water Productivity through Open access of Remotely sensed derived data) utilise les données satellitaires pour surveiller et améliorer la productivité agricole de l’eau au Mali. Cette technologie permet un suivi en temps réel de l’utilisation de l’eau en agriculture, secteur employant 80% de la population et contribuant 45% au PIB. Le partenariat avec le Ministère du Développement Rural facilite l’amélioration de la gestion de l’eau.
Les données satellitaires permettent d’identifier les zones où l’efficacité de l’utilisation de l’eau peut être améliorée. Les agences humanitaires utilisent également ces outils géospatiaux pour cibler les investissements en irrigation efficace, particulièrement en période de crise. Cette approche technologique soutient les petits exploitants, notamment les femmes et les jeunes, dans les paysages agricoles vulnérables du Mali.
| Plateforme | Fonction |
| WaPOR | Surveillance productivité de l’eau par satellite |
| Partenaire national | Ministère du Développement Rural |
| Secteur agricole | 80% emploi, 45% PIB |
| Bénéficiaires prioritaires | Petits exploitants, femmes, jeunes |
10. Projet Transfrontalier de Gestion de l’Eau et de Paix
Lancé le 19 janvier 2026, ce projet de 7 millions USD réunit le Sénégal, le Mali et la Mauritanie pour investir dans la gestion transfrontalière de l’eau, la sécurité climatique et la consolidation de la paix. Le projet cible les zones frontalières comme Guidimakha, Kayes et Tambacounda exposées à des vulnérabilités liées aux changements climatiques et à la pénurie d’eau.
Les objectifs incluent la construction et la réhabilitation d’infrastructures hydrauliques, le renforcement des systèmes communautaires de prévention et de gestion des conflits liés à l’accès à l’eau, et le renforcement des systèmes d’alerte précoce pour mieux anticiper les chocs climatiques. Ce projet répond à la pression démographique et à l’intensification des aléas climatiques dans ces régions.
| Caractéristique | Détail |
| Budget | 7 millions USD |
| Pays participants | Sénégal, Mali, Mauritanie |
| Zones ciblées | Guidimakha, Kayes, Tambacounda |
| Objectifs | Infrastructure hydraulique, prévention conflits, alerte précoce |
11. Récolte des Eaux de Pluie et Recharge des Aquifères
La récolte des eaux de pluie constitue une technique traditionnelle au Mali qui gagne en importance face aux problèmes de sécheresse. Deux techniques principales existent : le stockage du ruissellement en surface pour usage futur et la recharge des nappes phréatiques et aquifères peu profonds. Le gouvernement malien soutient fortement les initiatives de récolte des eaux de pluie pour l’approvisionnement en eau, l’abreuvement du bétail et la production végétale.
Les structures de recharge incluent les puits creusés, les forages, les tranchées de recharge et les puits de recharge. Ces méthodes favorisent la percolation de l’eau à travers les strates du sol ou conduisent l’eau vers des profondeurs plus grandes où elle rejoint les eaux souterraines. L’eau de pluie récoltée aide à améliorer l’humidité du sol et le facteur de fertilité pour les plantations.
| Technique | Méthode |
| Stockage en surface | Bassins, réservoirs pour usage futur |
| Recharge aquifères | Puits, forages, tranchées de recharge |
| Avantages | Augmentation humidité et fertilité du sol |
| Soutien gouvernemental | Initiatives fortement encouragées |
12. Programme Urbain d’Eau Durable (2022-2026)
Le Programme d’Eau Urbaine Durable du Mali vise à fournir un accès durable à l’eau potable à 262 225 personnes dans les villes de Sikasso, Koutiala et Kayes. Ce programme répond aux effets des changements climatiques entraînant la raréfaction croissante des ressources en eau disponibles. Les résultats clés incluent l’amélioration des performances techniques, environnementales et financières des systèmes d’eau par la réduction des pertes et l’introduction de solutions technologiques vertes.
L’exploitation des forages existants a été climatiquement sécurisée et de nouvelles ressources en eau ont été identifiées et mobilisées pour assurer une perspective à long terme. Le programme améliore les conditions sanitaires grâce à un accès sûr à l’eau potable dans ces centres urbains. Cette initiative démontre comment la technologie verte et la gestion améliorée peuvent renforcer la résilience urbaine face au climat.
| Ville | Bénéficiaires |
| Sikasso, Koutiala, Kayes | 262 225 personnes |
| Période | 2022-2026 |
| Solutions | Réduction pertes, technologies vertes |
| Objectif | Sécurisation climatique des forages existants |
L’Avenir des Technologies d’Adaptation au Mali
Les 12 Climate Adaptation & Water Tech in Mali in 2026 représentent une transformation profonde de la gestion des ressources hydriques et de la résilience climatique. Le Mali se positionne comme pionnier en Afrique de l’Ouest dans l’utilisation de l’intelligence artificielle et de la télédétection pour la gestion des risques climatiques. Les technologies déployées offrent des modèles reproductibles pour d’autres pays de la région confrontés à des défis similaires.
La durabilité de ces réalisations dépendra du renforcement des partenariats, de la maintenance des infrastructures et de l’extension de la méthodologie à l’échelle nationale. L’appropriation locale et la mobilisation communautaire restent essentielles pour transformer durablement la gestion des risques climatiques. Les innovations technologiques, combinées à une forte mobilisation institutionnelle et communautaire, démontrent comment le Mali construit sa résilience face aux défis climatiques croissants.
Conclusion
Les 12 Climate Adaptation & Water Tech in Mali in 2026 illustrent comment l’innovation technologique transforme la gestion de l’eau et la résilience climatique dans un pays confronté à des défis environnementaux majeurs. De l’irrigation solaire intelligente aux systèmes d’alerte précoce aux inondations, ces technologies offrent des solutions concrètes pour protéger les communautés vulnérables et sécuriser la production agricole. Le Mali démontre qu’avec des investissements appropriés, une forte volonté politique et l’engagement des communautés locales, il est possible de construire une résilience durable face aux changements climatiques.
L’extension de ces technologies à l’échelle nationale et régionale représente la prochaine étape cruciale pour maximiser leur impact. Les modèles développés au Mali peuvent inspirer d’autres pays sahéliens confrontés à des défis similaires de raréfaction des ressources en eau et d’instabilité climatique. L’avenir de la sécurité alimentaire et hydrique du Mali dépend de la capacité à maintenir, étendre et innover ces solutions technologiques pour les générations futures.
