Monnaies numériques de banque centrale (MNBC) : ce que l’euro numérique signifie pour la France
Payer avec son téléphone n’a plus rien d’exceptionnel en France. Carte bancaire enregistrée dans un portefeuille mobile, PayPal, Wero, application bancaire : le paiement numérique fait déjà partie de nos habitudes.
Alors pourquoi créer un euro numérique ?
Parce qu’il ne s’agirait pas simplement d’un moyen de paiement de plus. L’euro numérique en France serait une nouvelle forme d’euro émise directement par l’Eurosystème, comme les billets et les pièces. La différence, c’est qu’elle serait utilisable sous forme électronique.
En clair, un euro numérique resterait un euro. Pas un crypto-actif. Pas un jeton dont le prix monte ou baisse. Pas non plus un produit d’épargne.
Le projet est bien avancé, mais il n’est pas encore lancé.
Le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position de négociation en décembre 2025. Le Parlement européen a fait de même le 9 juillet 2026. Les négociations entre les institutions européennes sont désormais en cours.
La Banque centrale européenne, elle, n’a toujours pas pris la décision finale d’émettre l’euro numérique. Si le cadre juridique européen est adopté dans les délais prévus, la BCE vise une première émission possible en 2029.
Un programme pilote doit commencer avant cela, au second semestre 2027.
Autrement dit, l’euro numérique devient concret, mais nous n’en sommes pas encore au stade où les Français peuvent ouvrir leur portefeuille et l’utiliser.
Une CBDC, c’est quoi au juste ?
CBDC signifie Central Bank Digital Currency, ou monnaie numérique de banque centrale.
Le principe paraît technique. En réalité, il est assez simple.
Aujourd’hui, deux grands types d’euros circulent dans notre quotidien.
Il y a d’abord les billets et les pièces. Ils correspondent directement à de la monnaie de banque centrale.
Puis il y a l’argent qui apparaît sur notre compte courant. Cet argent est créé et géré dans le système bancaire commercial.
L’euro numérique ajouterait une troisième façon d’utiliser l’euro : une monnaie de banque centrale accessible directement sous forme numérique.
| Forme d’argent | Qui se trouve derrière ? | Valeur |
| Euro numérique | Eurosystème | Toujours 1 € |
| Billets et pièces | Banque centrale | Valeur faciale |
| Argent sur un compte bancaire | Banque commerciale | Libellé en euros |
| Stablecoin | Entreprise privée | Dépend du modèle et des réserves |
| Bitcoin | Aucun émetteur central | Prix variable |
Cette différence compte surtout en période d’incertitude.
Un euro numérique serait une créance directe sur l’Eurosystème. Il n’aurait donc pas besoin d’être adossé à des réserves privées comme certains stablecoins.
Ce n’est pas un « bitcoin européen »
La comparaison revient souvent, mais elle prête à confusion.
Le bitcoin fonctionne sans banque centrale. Son prix change constamment selon l’offre et la demande.
L’euro numérique ferait exactement l’inverse : il resterait fixé à l’euro.
Un euro numérique vaudrait 1 euro. Point.
La BCE ne prévoit pas non plus de faire fonctionner le système sur une blockchain publique comparable à celle du bitcoin. L’architecture étudiée repose sur une plateforme contrôlée par l’Eurosystème, même si certaines techniques proches des registres distribués peuvent servir à renforcer la résilience.
Le phénomène des CBDC dépasse largement l’Europe. D’après une enquête de la Banque des règlements internationaux portant sur 93 banques centrales, 91 % d’entre elles travaillaient en 2024 sur une monnaie numérique de détail, de gros ou sur les deux.
L’Europe n’avance donc pas seule. Mais elle cherche à construire son propre modèle.
Euro numérique en France : où en est-on vraiment en 2026 ?
Il faut séparer le débat politique du travail technique.
Sur le plan législatif, les institutions européennes discutent encore du texte définitif.
Le Conseil a arrêté sa position le 19 décembre 2025. Le Parlement européen a adopté son mandat de négociation le 9 juillet 2026, avec 416 voix pour, 169 contre et 22 abstentions sur le texte principal.
Les négociations avec le Conseil ont ensuite commencé.
| Étape | Situation au 19 août 2026 |
| Étude initiale | Terminée |
| Phase de préparation 2023-2025 | Terminée |
| Position du Conseil | Adoptée |
| Position du Parlement | Adoptée |
| Négociations finales | En cours |
| Version 0.91 du rulebook | Projet préliminaire |
| Pilote | Prévu au second semestre 2027 |
| Première émission possible | 2029 |
En parallèle, la BCE poursuit le travail technique.
Elle a publié en juillet 2026 une nouvelle version du rulebook, le document qui doit définir les règles communes du futur système.
Attention toutefois : cette version 0.91 n’est pas définitive.
Elle sert de base de travail. Les règles finales dépendront du texte européen qui sortira des négociations. Il serait donc trompeur de présenter ce document comme le règlement définitif de l’euro numérique.
La BCE a également été claire sur un autre point : même si le règlement européen est adopté, cela ne déclenchera pas automatiquement le lancement.
L’institution devra encore prendre une décision formelle sur l’émission.
Comment utiliserait-on l’euro numérique ?
Dans la vie quotidienne, le système devrait rester assez familier.
Pas besoin de comprendre la politique monétaire pour acheter un café.
L’utilisateur pourrait accéder à son euro numérique par sa banque ou un autre prestataire de paiement autorisé. La BCE travaille également sur une application dédiée.
Les banques pourraient intégrer ces fonctions directement dans leurs applications existantes.
| Usage | Ce qui est prévu |
| Achat en magasin | Paiement avec téléphone, carte ou appareil compatible |
| Achat en ligne | Option euro numérique au moment du règlement |
| Envoi d’argent | Transfert entre particuliers |
| Paiement hors ligne | Possible dans certaines conditions |
| Accès | Banque ou prestataire autorisé |
| Services essentiels | Gratuits pour les particuliers |
Le principe est simple : l’euro numérique doit fonctionner là où les gens paient déjà.
En magasin.
Sur Internet.
Entre amis.
Ou lorsqu’ils voyagent dans un autre pays de la zone euro.
Et si Internet tombe en panne ?
C’est l’une des fonctions les plus intéressantes du projet.
La BCE prévoit un mode hors ligne.
L’utilisateur pourrait charger une certaine quantité d’euros numériques à l’avance sur un appareil compatible. Deux appareils pourraient ensuite échanger des fonds sans connexion Internet active.
Imaginons un commerçant dans une zone où le réseau fonctionne mal. Ou une panne temporaire de connexion. Un paiement pourrait encore passer si les conditions techniques nécessaires sont réunies.
Ce mode hors ligne vise aussi à offrir davantage de confidentialité.
Il rapproche l’expérience de celle d’un paiement en espèces, même si les deux systèmes ne sont évidemment pas identiques.
Le plafond de 3 000 euros n’est pas décidé
C’est un point souvent mal présenté.
On lit parfois que chaque personne pourra détenir exactement 3 000 euros numériques.
Ce n’est pas établi.
La BCE a étudié plusieurs scénarios, dont des plafonds allant jusqu’à 3 000 euros par personne, pour observer leurs effets possibles sur les banques et la stabilité financière.
Ce chiffre est donc un scénario de test, pas une décision finale.
Une limite sera probablement imposée, car la BCE veut que l’euro numérique serve surtout à payer, pas à stocker toute son épargne.
Si votre portefeuille ne contient pas assez d’euros numériques pour régler un achat, un mécanisme pourrait compléter automatiquement la somme avec l’argent disponible sur votre compte bancaire lié.
Cela rendrait le plafond beaucoup moins visible dans l’usage quotidien.
Ce que l’euro numérique pourrait changer pour les Français
La France n’attend pas l’euro numérique pour délaisser progressivement les espèces.
En 2024, les billets et pièces représentaient encore 43 % des paiements effectués dans les points de vente physiques. Mais la carte les a dépassés pour la première fois en nombre de transactions.
Autre particularité française : le commerce en ligne pèse lourd.
En 2024, 25 % des paiements effectués par les consommateurs français ont eu lieu en ligne, contre 21 % en moyenne dans la zone euro.
| Habitude de paiement en France | Donnée 2024 |
| Espèces au point de vente | 43 % |
| Carte au point de vente | Plus de 48 % |
| Paiements effectués en ligne | 25 % |
| Moyenne des paiements en ligne dans la zone euro | 21 % |
L’euro numérique en France arriverait donc sur un terrain déjà très numérique.
Pour le consommateur, le changement pourrait même sembler minime au départ.
On sort son téléphone.
On approche l’appareil du terminal.
On valide.
Ce qui change surtout se trouve derrière l’écran : la monnaie utilisée ne serait plus seulement de la monnaie bancaire commerciale. Il pourrait s’agir directement de monnaie de banque centrale.
Un même moyen de paiement dans toute la zone euro
C’est probablement l’un des arguments les plus faciles à comprendre.
La France dispose déjà d’un système de paiement performant. Mais tous les pays de la zone euro n’utilisent pas les mêmes solutions nationales.
L’euro numérique chercherait à offrir une option commune.
Un Français pourrait utiliser la même forme de monnaie numérique à Paris, Madrid, Rome ou Berlin.
Pas besoin de savoir quel réseau national fonctionne dans chaque pays.
Cette simplicité reste toutefois un objectif. Il faudra encore voir comment les banques, commerçants et applications intégreront le système dans la pratique.
Les billets vont-ils disparaître ?
Non.
C’est probablement l’idée reçue la plus tenace autour du projet.
La BCE ne présente pas l’euro numérique comme un remplacement des espèces. La Commission, le Conseil et le Parlement défendent également le maintien des billets et pièces.
Le paquet législatif européen comprend même des mesures destinées à protéger l’accès au cash.
| Question | Réponse actuelle |
| Les billets doivent-ils disparaître ? | Non |
| L’euro numérique sera-t-il obligatoire pour les particuliers ? | Non |
| Les espèces resteront-elles disponibles ? | Oui |
| L’accès au cash doit-il être surveillé ? | Oui |
| Le consommateur gardera-t-il le choix ? | C’est l’objectif |
La France reste d’ailleurs bien équipée en accès aux espèces.
En juillet 2026, la Banque de France indiquait que plus de 99 % de la population métropolitaine âgée de 15 ans ou plus vivait soit dans une commune disposant d’un point d’accès aux espèces, soit à moins de quinze minutes en voiture d’une commune équipée.
Environ 6 500 communes disposent toujours d’au moins un distributeur automatique.
L’euro numérique s’ajouterait donc aux espèces. Il ne les effacerait pas.
Vie privée : qui pourra voir vos paiements ?
C’est là que les questions deviennent plus sensibles.
Un billet ne transmet aucune donnée au moment où il passe d’une main à l’autre.
Un paiement numérique, lui, fonctionne forcément avec un système informatique.
La BCE cherche donc à réduire au maximum les données accessibles à l’Eurosystème.
| Mode de paiement | Confidentialité prévue |
| Hors ligne | Proche de celle des espèces |
| En ligne | Données traitées selon les obligations réglementaires |
| BCE/Eurosystème | Pas d’identification directe prévue à partir des données reçues |
| Banque ou prestataire | Contrôles réglementaires applicables |
Pour un paiement en ligne, les banques et prestataires devraient continuer à appliquer les règles de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et la fraude.
Il serait donc faux de dire que l’euro numérique en ligne sera totalement anonyme.
Le fonctionnement hors ligne devrait aller plus loin en matière de confidentialité. Selon le projet actuel, les données personnelles détaillées d’une transaction resteraient principalement entre le payeur et le bénéficiaire.
La banque pourrait toutefois intervenir lorsqu’on charge ou retire des fonds du portefeuille hors ligne.
En pratique, l’objectif n’est pas de rendre tous les paiements invisibles. Il est plutôt d’éviter que l’Eurosystème puisse dresser facilement un historique nominatif des achats de chaque citoyen.
Peut-on programmer l’euro numérique pour interdire certains achats ?
Non, selon le projet actuel.
La BCE insiste beaucoup sur ce point.
L’euro numérique ne doit pas devenir une « monnaie programmable » qui ne fonctionnerait que pour certains produits, certains magasins ou certaines périodes.
Votre euro ne devrait donc pas devenir un bon d’achat contrôlé à distance.
| Fonction | Prévue ? |
| Interdire une catégorie d’achats | Non |
| Limiter la monnaie à un magasin précis | Non |
| Fixer une date d’expiration de l’euro | Non |
| Déclencher un paiement après une condition | Possible |
Il faut toutefois distinguer monnaie programmable et paiement conditionnel.
Prenons un achat en ligne.
Un client pourrait accepter qu’un paiement parte seulement lorsque la livraison est confirmée. La condition s’applique alors à la transaction, pas à la monnaie elle-même.
La nuance paraît technique, mais elle change tout.
Que vont devoir faire les banques françaises ?
L’euro numérique ne supprimerait pas les banques de l’équation.
Au contraire.
Les banques et autres prestataires de paiement devraient rester le premier point de contact pour les clients.
Ils pourraient gérer l’ouverture du service, l’assistance, les paiements, les contrôles réglementaires et l’intégration dans leurs applications.
| Pour les banques | Effet probable |
| Distribution | Elles resteraient au premier plan |
| Applications | Intégration de nouvelles fonctions |
| Investissements | Adaptation technique importante |
| Dépôts | Risque limité par un futur plafond |
| Services supplémentaires | Possibles |
Tout cela coûte de l’argent.
La BCE estime actuellement que les banques de la zone euro pourraient devoir investir au total entre 4 et 5,8 milliards d’euros sur quatre ans pour mettre le système en place.
Cette estimation n’est pas une facture définitive. Elle donne plutôt une idée de l’effort technique demandé au secteur.
Une autre question inquiète les banques : que se passerait-il si les clients transféraient une grosse partie de leur argent vers l’euro numérique ?
C’est précisément pour éviter ce scénario que la BCE prévoit une limite de détention et aucun intérêt sur les euros numériques.
L’objectif reste le paiement, pas l’épargne.
Pourquoi la France insiste autant sur la souveraineté des paiements

C’est sans doute le volet le moins visible pour le grand public, mais l’un des plus importants politiquement.
Beaucoup de paiements européens dépendent de groupes internationaux.
La BCE souligne que 13 pays de la zone euro dépendent entièrement de réseaux internationaux de cartes.
En 2022, ces réseaux représentaient environ 61 % des transactions par carte dans la zone euro.
| Solution | Type | Portée |
| Euro numérique | Monnaie publique européenne | Zone euro |
| Cartes Bancaires | Réseau français | Principalement France |
| Wero | Solution européenne privée | Déploiement progressif |
| Visa et Mastercard | Réseaux internationaux | Mondiale |
La France possède déjà Cartes Bancaires, ce qui la place dans une situation différente de certains voisins.
Wero apporte aussi une réponse privée européenne.
Alors pourquoi ajouter l’euro numérique ?
Parce qu’aucune de ces solutions ne remplit exactement le même rôle.
Cartes Bancaires reste surtout français. Wero est un service privé. L’euro numérique serait une monnaie publique commune à toute la zone euro.
La Banque de France ne présente d’ailleurs pas ces systèmes comme des ennemis.
Elle défend plutôt une complémentarité entre l’infrastructure publique et les acteurs privés.
Pour l’euro numérique en France, cet argument de souveraineté pourrait peser autant que les nouvelles fonctions proposées aux consommateurs.
Le pilote de 2027 : le moment où le projet va devenir concret
La théorie devra bientôt affronter le terrain.
La BCE prévoit un pilote de 12 mois à partir du second semestre 2027. Certaines communications mentionnent septembre 2027 comme point de départ envisagé.
Au total, 36 prestataires de services de paiement ont été sélectionnés après plus de 50 candidatures.
Le groupe français BPCE figure parmi eux.
| Élément | Ce qui est prévu |
| Début | Second semestre 2027 |
| Durée | 12 mois |
| Prestataires retenus | 36 |
| Participant français identifié | BPCE |
| Paiements testés | Magasin, Internet, P2P, hors ligne |
| Argent ayant cours légal | Non |
Il faut néanmoins éviter d’aller trop vite.
La présence d’un prestataire français ne signifie pas encore que tous les détails du test français sont connus. La BCE doit encore préciser les lieux exacts et les modalités de participation.
Le pilote utilisera par ailleurs une version de test. Les unités utilisées n’auront pas cours légal.
Son intérêt sera ailleurs : voir si le système fonctionne dans des conditions suffisamment proches de la réalité.
Un paiement doit être rapide.
Une application doit rester simple.
Le mode hors ligne doit être fiable.
Les commerçants ne doivent pas se retrouver avec une installation ingérable.
C’est à ce moment-là que les promesses techniques pourront réellement être confrontées aux usages.
Les questions qui ne sont toujours pas réglées
Le projet avance, mais plusieurs décisions restent ouvertes.
| Sujet | Situation actuelle |
| Plafond de détention | Non fixé |
| Texte européen définitif | En négociation |
| Rulebook final | Pas encore adopté |
| Frais exacts pour les commerçants | À préciser |
| Organisation détaillée du déploiement | À finaliser |
| Lancement en 2029 | Objectif possible, pas garantie |
Que se passera-t-il en cas de crise bancaire ?
C’est l’une des grandes inquiétudes.
Imaginez qu’une banque soit en difficulté.
Ses clients pourraient être tentés de déplacer rapidement leurs dépôts vers une monnaie directement garantie par la banque centrale.
À grande échelle, ce réflexe pourrait accentuer la crise.
La BCE a étudié ce risque avec plusieurs scénarios, notamment des plafonds hypothétiques atteignant 3 000 euros. Ses simulations n’ont pas identifié de menace majeure pour la stabilité financière dans les conditions étudiées.
Cela ne supprime pas le risque. Cela explique surtout pourquoi le plafond compte autant dans les discussions.
Et les cyberattaques ?
Une infrastructure utilisée dans toute la zone euro attirerait forcément l’attention des cybercriminels et d’acteurs hostiles.
La BCE prévoit donc plusieurs couches de protection, des infrastructures réparties sur plusieurs zones et des tests de résistance.
Le mode hors ligne pourrait également offrir une solution de secours pour certains paiements lorsque la connexion habituelle ne fonctionne plus.
Rien de tout cela ne garantit un système invulnérable.
Aucun système numérique ne l’est.
Le vrai enjeu sera sa capacité à continuer de fonctionner lorsqu’un incident survient.
FAQ sur l’euro numérique en France
| Question | Réponse courte |
| Peut-on déjà l’utiliser ? | Non |
| Est-ce une cryptomonnaie ? | Non |
| Rapportera-t-il des intérêts ? | Non |
| Le plafond sera-t-il de 3 000 € ? | Ce n’est pas décidé |
| Fonctionnera-t-il hors ligne ? | C’est prévu |
| Les espèces vont-elles disparaître ? | Non |
L’euro numérique pourra-t-il rapporter des intérêts ?
Non.
La BCE veut qu’il serve à payer, pas à remplacer les comptes d’épargne. Il ne devrait donc pas être rémunéré.
Devra-t-on obligatoirement avoir un smartphone ?
Pas nécessairement.
Le projet prévoit plusieurs moyens d’accès. Une carte physique ou d’autres dispositifs pourraient notamment servir aux personnes qui ne souhaitent pas dépendre d’un smartphone.
L’accès des personnes peu à l’aise avec le numérique fait partie des sujets suivis par les institutions européennes.
Un touriste pourra-t-il payer en euros numériques en France ?
Le projet prévoit un accès possible pour certaines personnes voyageant dans la zone euro.
Les règles précises dépendront toutefois du texte final et des accords mis en place pour les résidents situés hors de la zone euro.
Les commerçants devront-ils tous l’accepter ?
Le projet prévoit une acceptation assez large si l’euro numérique obtient le statut de monnaie ayant cours légal dans le cadre défini par l’Union.
Des exceptions restent néanmoins prévues, notamment pour certains petits professionnels ou entreprises qui n’acceptent déjà aucun moyen de paiement numérique.
Le texte final peut encore évoluer pendant les négociations.
Peut-on perdre ses euros numériques hors ligne ?
C’est possible selon le modèle actuellement étudié.
Si des fonds hors ligne sont stockés directement sur un appareil et que celui-ci disparaît, récupérer l’argent pourrait être impossible, un peu comme lorsqu’on perd un portefeuille contenant des billets.
Les règles définitives restent toutefois à fixer.
Ce qu’il faut retenir
L’euro numérique ne va pas bouleverser nos habitudes du jour au lendemain.
Il pourrait même sembler très banal à l’utilisateur.
On prendra son téléphone.
On paiera.
Puis on repartira.
Mais sous ce geste simple se cache un changement beaucoup plus profond : pour la première fois, les particuliers pourraient utiliser directement de la monnaie de banque centrale dans les paiements numériques du quotidien.
| À retenir au 19 août 2026 | Situation |
| Euro numérique disponible | Non |
| Décision définitive d’émission | Non |
| Négociations européennes | En cours |
| Plafond | Pas encore fixé |
| Pilote | Prévu en 2027 |
| Première émission possible | 2029 |
| Espèces supprimées | Non |
| Paiements hors ligne | Prévus |
| Services essentiels pour particuliers | Gratuits dans le modèle prévu |
Pour la France, les enjeux sont clairs.
Il s’agit de garder une monnaie publique accessible dans un monde où les paiements deviennent numériques, de réduire certaines dépendances envers des infrastructures étrangères et de proposer un moyen de paiement commun à toute la zone euro.
Mais la technologie seule ne fera pas le succès du projet.
L’euro numérique en France devra apporter quelque chose de concret.
Il devra être simple.
Il devra inspirer confiance.
Il devra respecter suffisamment la vie privée.
Les commerçants devront pouvoir l’adopter sans transformer leur système de caisse en chantier permanent.
Et les banques devront trouver un modèle viable pour l’intégrer à leurs services.
C’est là que tout se jouera.
Pas dans les grandes déclarations sur la monnaie du futur, mais au moment où quelqu’un essaiera simplement de payer son café, son billet de train ou ses courses.
