Une Chinoise arrêtée pour vol de 6 kg d’or dans un musée parisien
Une femme chinoise de 24 ans a été arrêtée et fait face à de graves accusations pour le vol audacieux de lingots d’or de grande valeur historique et scientifique au Musée national d’histoire naturelle de Paris, l’une des institutions culturelles les plus emblématiques de France. L’incident, survenu dans la nuit du 16 septembre 2024, a suscité une attention internationale non seulement en raison de la valeur estimée à 1,5 million d’euros des pièces dérobées, mais aussi en raison de ses implications sur la sécurité des musées européens et le trafic croissant de biens culturels.
Selon des rapports détaillés de l’agence AFP, du parquet de Paris et de sources comme Le Monde et The New York Times, la suspecte a été mise en examen pour vol organisé et association de malfaiteurs. Ce cas survient dans un contexte de forte inquiétude sur la vulnérabilité du patrimoine national, notamment après des cambriolages similaires dans des sites emblématiques comme le Louvre, soulignant la nécessité de renforcer les mesures de protection dans les institutions qui abritent des trésors irremplaçables pour l’humanité.
Un musée au patrimoine inestimable
Fondé en 1635, le Musée national d’histoire naturelle de Paris est renommé pour sa vaste collection d’échantillons géologiques, botaniques et zoologiques, soit plus de 68 millions d’objets servant de base à la recherche scientifique mondiale. La section de minéralogie, où s’est produit le vol, est particulièrement précieuse pour ses présentations de métaux rares illustrant l’histoire géologique de la Terre. Les autorités françaises ont souligné qu’il ne s’agissait pas d’un simple vol de bijoux, mais d’une attaque directe contre des pièces essentielles à la connaissance humaine, incitant à une révision des protocoles de sécurité dans tout le pays.
Détails du vol : une opération minutieuse
Le cambriolage, d’une précision remarquable, a eu lieu entre 1 h 00 et 4 h 00 du matin le 16 septembre 2024, dans le bâtiment situé au Jardin des Plantes, dans le 5ᵉ arrondissement de Paris.
La femme, une ressortissante chinoise de 24 ans, serait entrée seule dans le musée en contournant le système d’alarme extérieur par un accès secondaire non autorisé. À l’intérieur, elle aurait utilisé des outils spécialisés pour découper deux portes métalliques et briser la vitrine principale à l’aide d’une torche à gaz propane. Ce mode opératoire, demandant des compétences techniques et un matériel professionnel, suggère une expérience préalable ou une aide extérieure, même si aucune autre personne n’a été filmée sur place.
Le vol a été découvert vers 8 h 00 par un agent d’entretien qui a trouvé des débris éparpillés dans la salle de minéralogie.
Les enquêteurs de la Gendarmerie nationale ont relevé des traces métalliques fondues, des empreintes partielles, ainsi que plusieurs outils abandonnés : une scie électrique, un tournevis de précision, trois cartouches de gaz vides et un découpeur plasma. Ces éléments, associés aux analyses ADN et digitales, ont permis de relier la suspecte directement à la scène du crime.
Le parquet de Paris évalue le préjudice à environ 1,5 million d’euros (près de 1,6 million de dollars actuels), bien que des experts estiment que la valeur réelle dépasse 2 millions d’euros en raison de la rareté et de l’importance historique des pièces. Ces objets n’étaient pas des lingots industriels, mais des pépites naturelles (nuggets) recueillies pendant plusieurs siècles, chacune possédant une histoire unique enrichissant la compréhension géologique mondiale. Le total volé s’élève à près de 6 kilogrammes d’or pur.
Les pièces emblématiques dérobées
Quatre spécimens se distinguent particulièrement :
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Pépite bolivienne du XVIIIᵉ siècle : offerte à l’Académie des sciences en 1750 par des explorateurs jésuites en Amérique du Sud. Pesant environ 1,2 kg, elle représentait une étude pionnière sur les gisements aurifères andins.
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Nugget des monts Oural (1833) : cadeau du tsar Nicolas Iᵉʳ de Russie, d’un poids de 1,5 kg, provenant de mines sibériennes impériales. Présentée à l’Exposition universelle de 1855, elle était utilisée dans des recherches sur la métallurgie russe.
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Pépite de la ruée vers l’or de Californie (XIXᵉ siècle) : d’environ 0,8 kg, découverte dans les collines de la Sierra Nevada entre 1849 et 1855. Donnée au musée en 1892, elle servait à illustrer l’impact industriel et économique de l’or sur les États-Unis.
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Grande pépite australienne (1990) : la plus lourde, plus de 5 kg, trouvée à Kalgoorlie (Australie-Occidentale) en 1990. Acquise en 1991, elle symbolise le lien entre géologie moderne et processus anciens.
Ces objets, catalogués par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel, constituaient un pilier scientifique de la collection. Leur perte entrave les recherches portant sur la répartition mondiale des gisements aurifères et leurs effets environnementaux.
Arrestation et extradition
La suspecte a été arrêtée le 30 septembre 2024 à Barcelone, en Espagne, lors d’une opération conjointe entre la police nationale espagnole et Europol. Elle aurait tenté de fondre et de vendre près d’un kilogramme d’or à un contact du marché noir. Des enquêtes ont révélé qu’elle avait acheté un billet pour la Chine sous un faux nom le jour même du vol.
Extradée vers la France le 13 octobre 2024 selon un accord bilatéral, elle a été incarcérée à la prison de Fresnes. Les analyses médico-légales ont permis de retrouver des fragments d’or correspondant chimiquement aux échantillons volés. Les autorités soupçonnent une possible implication de réseaux asiatiques spécialisés dans le trafic d’art et de métaux précieux. Aucune motivation précise n’a été rendue publique, mais les enquêteurs évoquent d’éventuelles pressions financières.
Un contexte de vulnérabilité accrue
Ce vol s’inscrit dans une série d’incidents inquiétants mettant en cause la sécurité des musées français, qui accueillent plus de 100 millions de visiteurs par an. Trois jours plus tôt, le 19 septembre 2024, un autre vol spectaculaire avait eu lieu au Louvre, où des individus déguisés en touristes ont subtilisé des bijoux d’une vitrine en plein jour.
Laurence des Cars, directrice du Louvre et experte en histoire de l’art, doit témoigner ce 22 octobre 2025 devant la commission culturelle du Sénat. Elle proposera diverses réformes : capteurs d’IA anti-intrusion, drones de surveillance, et formation renforcée du personnel. Elle a déjà déclaré que « les musées sont les gardiens de la mémoire collective, et leur protection est une priorité nationale ».
Des rapports de l’Institut national du patrimoine (INP) et de l’UNESCO signalent des pertes annuelles atteignant 500 millions d’euros dues à des vols culturels. Interpol note une hausse de 20 % de ces crimes depuis 2020, alimentée par le marché noir numérique et la demande internationale croissante.
En réponse, le gouvernement français prévoit d’investir 50 millions d’euros en 2025 dans la modernisation des systèmes d’alarme et la coopération internationale, notamment avec la Chine.
Tandis que la traque des auteurs du vol du Louvre se poursuit, cette affaire relance un débat mondial sur la conciliation entre accessibilité publique et sécurité patrimoniale — pour que des trésors tels que les pépites d’or volées continuent d’inspirer les générations futures.
