7 façons dont la France mène la révolution de l’hydrogène vert en Europe
La France accélère sa transition énergétique grâce à l’hydrogène vert, un levier clé pour réduire les émissions de CO₂ et renforcer son indépendance industrielle. Entre stratégies révisées, innovations technologiques et découvertes majeures, le pays se positionne comme un leader européen. Voici les 7 piliers de cette révolution.
1. Révision des objectifs : une feuille de route réaliste
La France a ajusté ses ambitions pour coller aux réalités industrielles. L’objectif initial de 6,5 GW d’électrolyseurs d’ici 2030 est revu à 4,5 GW, avec une montée à 8 GW d’ici 2035. Cette approche pragmatique permet de répondre aux retards technologiques tout en gardant une trajectoire crédible.
| Indicateurs | 2020 | 2025 | 2030 | 2035 |
| Capacité d’électrolyse (GW) | 0,035 | 1,5 | 4,5 | 8 |
| Budget alloué (Md€) | 9 | 4 | 9 | 9 |
2. Investissements massifs dans la production
Le gouvernement a débloqué 9 milliards d’euros d’ici 2030 pour soutenir la filière.
Parmi les projets phares :
- Lhyfe reçoit une subrecord de 149 millions d’euros pour son site au Havre, capable de produire 34 tonnes d’hydrogène vert par jour.
- 4 milliards d’euros sont réservés à la compétitivité de l’hydrogène bas-carbone, visant à décarboner la sidérurgie et la chimie.
3. Découverte de réserves naturelles d’hydrogène
En 2025, un gisement de 46 millions de tonnes d’hydrogène naturel (dit « blanc ») est identifié en Moselle. D’une valeur estimée à 92 milliards de dollars, il pourrait couvrir la moitié de la production mondiale actuelle d’hydrogène gris. Cette ressource offre une alternative propre et économique, sans besoin d’électrolyse.
4. Concentration sur les hubs industriels
La production est centralisée dans des zones clés :
- Dunkerque pour la sidérurgie.
- Fos-sur-Mer pour la pétrochimie.
- Le Havre pour les carburants synthétiques.
Ces hubs profitent d’infrastructures existantes et d’une forte demande locale, créant des « vallées de l’hydrogène » intégrées.
5. Décarbonation de l’industrie lourde
L’accent est mis sur les secteurs difficiles à décarboner :
- Raffineries : substitution de l’hydrogène gris par de l’hydrogène vert.
- Acier : utilisation dans les fours électriques.
- Engrais : production d’ammoniac bas-carbone.
Objectif : réduire de 35 % les émissions industrielles d’ici 2030.
6. Refus des importations avant 2035
Contrairement à l’Allemagne ou l’Espagne, la France privilégie l’autosuffisance jusqu’en 2035.
Les raisons :
- Coûts élevés des importations.
- Risques géopolitiques.
- Volonté de contrôler toute la chaîne de valeur.
7. Innovation et formation
Le pays s’appuie sur :
- 30 laboratoires de recherche spécialisés, regroupant 600 experts.
- Des programmes de formation pour 10 000 professionnels d’ici 2030.
- Des normes strictes pour harmoniser les méthodes de comptabilité carbone au niveau européen.
Conclusion
Avec des objectifs ajustés, des investissements ciblés et une innovation constante, la France construit un écosystème hydrogène robuste. La découverte de réserves naturelles et la priorité donnée à l’industrie lourde renforcent son leadership en Europe. Cette stratégie, combinée à une vision à long terme, pourrait faire du pays un modèle mondial de transition énergétique.
