Israël identifie le onzième otage décédé parmi les deux corps restitués dans la nuit
Les autorités israéliennes ont confirmé samedi l’identité du onzième otage rapatrié de Gaza : Ronen Engel. Cette restitution intervient alors que l’accord de cessez-le-feu, qui a temporairement mis fin à deux ans de conflit dans l’enclave palestinienne, est soumis à de fortes tensions.
Selon les photos fournies à CNN par le kibboutz d’Engel et sa famille, il a été identifié comme l’un des deux corps de personnes enlevées renvoyés en Israël pour une identification officielle. Le groupe armé palestinien Hamas a remis samedi à la Croix-Rouge les dépouilles d’Engel et d’une autre personne, qui ont ensuite été transférées en Israël pour examen formel.
Le Kibboutz Nir Oz a déclaré : « Le Kibboutz Nir Oz annonce que le corps de notre bien-aimé Ronen Engel est rentré au pays pour y être enterré. Nous nous souviendrons toujours de Ronen — un homme de famille dévoué, plein de joie de vivre, d’humour et toujours souriant. »
Engel avait 54 ans lorsqu’il a trouvé la mort. Le 7 octobre 2023, lors de l’attaque du Hamas contre Israël, son épouse Karina et leurs filles Mika et Yuval avaient également été enlevées. Un mois plus tard, son épouse et ses deux filles ont été libérées, mais sa dépouille n’avait jamais été restituée jusqu’à présent.
Alors que la trêve à Gaza entre dans sa deuxième semaine, celle-ci reste fragile : le retard dans la restitution des corps des otages, l’entrée lente de l’aide humanitaire et les frappes aériennes israéliennes meurtrières mettent l’accord à rude épreuve.
Le département d’État américain a déclaré samedi qu’il existait des « rapports crédibles » indiquant que le Hamas prévoyait « de violer prochainement l’accord de cessez-le-feu » en préparant une attaque contre des civils palestiniens à Gaza.
Le communiqué précise : « Une telle attaque contre des civils palestiniens constituerait une violation grave et directe de l’accord de cessez-le-feu et compromettrait les progrès obtenus grâce à la médiation diplomatique. Les garants appellent le Hamas à respecter pleinement ses obligations. »
« Si le Hamas mène cette attaque, des mesures seront prises pour protéger la population de Gaza et préserver l’intégrité du cessez-le-feu. » CNN a contacté la Maison-Blanche pour obtenir un commentaire.
Samedi soir, sur les 28 dépouilles d’otages convenues dans le cadre de l’accord de trêve en vigueur depuis la semaine dernière, le Hamas en avait remis 12. Le bureau du Premier ministre israélien a indiqué dimanche matin que 11 d’entre elles avaient été identifiées, tandis que la douzième restait en cours d’identification.
« Nous ne nous reposerons pas, nous ne nous tairons pas tant que le dernier otage ne sera pas rendu, » a déclaré dimanche le Forum des familles des otages et disparus d’Israël.
Le retard du rapatriement des corps a déclenché une vague de manifestations en Israël. Samedi soir, sur la place des Otages à Tel-Aviv, des milliers de protestataires se sont rassemblés pour exiger du gouvernement qu’il fasse pression sur le Hamas afin de restituer les corps des victimes.
Le Hamas, de son côté, a affirmé avoir remis tous les corps « accessibles » et souligné que la récupération d’autres dépouilles nécessitait « d’importants efforts et des équipements spéciaux ». Les services de renseignement israéliens estiment toutefois que le Hamas pourrait ne pas être en mesure de retrouver tous les corps.
Deux sources israéliennes informées de la situation ont indiqué qu’Israël croit que le Hamas connaît l’emplacement de plusieurs otages décédés. Le ministre israélien des Affaires étrangères a accusé le mouvement islamiste d’utiliser les dépouilles comme levier de négociation.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré samedi sur Channel 14 que la guerre ne prendrait fin qu’après le retour de tous les corps d’otages et le désarmement du Hamas.
« Ce n’est que lorsque les clauses prétendument acceptées de l’accord seront appliquées que la guerre de Gaza prendra véritablement fin, » a-t-il affirmé. « La première phase concerne le retour de tous les otages, puis la deuxième phase, le désarmement du Hamas — ou de toute la bande de Gaza — mais en commençant par le Hamas. »
Le point de passage de Rafah et l’aide humanitaire
Alors que les tensions persistent, le bureau du Premier ministre israélien a annoncé samedi que le point de passage de Rafah resterait « fermé pour une durée indéterminée ». Ce passage, reliant l’Égypte à Gaza, constitue une voie humanitaire vitale pour l’enclave palestinienne.
Le bureau de Netanyahou a précisé que sa réouverture dépendrait « du respect par le Hamas de ses engagements concernant le retour des otages et l’application de l’accord. »
Le Hamas a dénoncé le retard dans la réouverture du poste-frontière comme une « violation flagrante » des clauses de la trêve et a condamné les attaques israéliennes contre Gaza.
Bien que le cessez-le-feu demeure théoriquement en vigueur, Mahmoud Basal, porte-parole de la défense civile de Gaza, a affirmé à CNN que l’armée israélienne avait frappé vendredi un véhicule transportant 11 civils, dont des femmes et des enfants, qui franchissait la ligne frontalière établie par l’accord.
Après coordination avec les Nations unies, les sauveteurs de Gaza ont retrouvé samedi neuf corps, dont quatre enfants et trois femmes, tandis que deux enfants restent portés disparus.
L’armée israélienne a déclaré à CNN que ses soldats avaient « tiré des coups de semonce après avoir repéré un véhicule suspect franchissant la ligne jaune », fixée lors du retrait initial des troupes. Selon elle, le véhicule « a continué à avancer droit vers les soldats, représentant une menace imminente ».
