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Le Louvre et le gouvernement nient toute faille de sécurité après le vol de bijoux.

La police parisienne poursuit la chasse aux voleurs de bijoux après le braquage audacieux de dimanche au Louvre. Pendant ce temps, le musée et la ministre tentaient de limiter les dégâts provoqués par les accusations de manquements en matière de sécurité et de budget ayant pu aider les voleurs.

Le musée du Louvre et la ministre de la Culture, Rachida Dati, ont tous deux répondu aux critiques concernant la sécurité du musée, probablement le plus célèbre au monde, deux jours après que des voleurs s’y sont emparés de huit pièces de bijoux « inestimables » lors d’un raid matinal.

« Les précautions de sécurité du Louvre ont-elles échoué ? Non, elles n’ont pas échoué. C’est un fait. Les mesures de sécurité ont fonctionné », a déclaré Dati lors d’une séance de questions-réponses au Parlement mardi.

Les propos de Dati n’ont toutefois pas entièrement dissipé les doutes soulevés au sujet des systèmes d’alarme, dont la défaillance totale n’était pas en question.

Alarmes ponctuelles ? Vitrines modernisées

Le parquet de Paris a seulement indiqué mardi que « les vérifications sur le fonctionnement des systèmes d’alarme se poursuivent ».

La question n’était pas de savoir si les alarmes s’étaient déclenchées ou non, mais si elles s’étaient déclenchées immédiatement à l’entrée des voleurs, ou seulement une minute avant leur fuite. Une alerte tardive aurait pu nuire aux efforts des forces de l’ordre pour rejoindre le musée à temps.

Le musée, de son côté, a défendu l’état des vitrines dont les voleurs ont extrait les bijoux de la Galerie d’Apollon dimanche.

« Le musée du Louvre affirme que les vitrines installées en décembre 2019 ont représenté un progrès considérable en matière de sécurité, étant donné le degré d’obsolescence de l’ancien équipement, qui aurait conduit, sans remplacement, au retrait des œuvres de la vue du public », a déclaré le musée dans un communiqué mardi.

Lors du braquage, les voleurs ont garé un camion à l’extérieur et ont utilisé une échelle télescopique de déménageurs pour accéder à la Galerie d’Apollon peu avant l’ouverture. Ils ont grimpé, découpé les bijoux des vitrines et se sont enfuis en quelques minutes.

Ils sont repartis avec huit pièces jugées inestimables, dont un collier d’émeraudes et de diamants que Napoléon Ier avait offert à son épouse, l’impératrice Marie-Louise, ainsi qu’un diadème serti de près de 2 000 diamants ayant appartenu à l’impératrice Eugénie.

Le Louvre reste fermé, les bijoux déjà fondus ?

Le musée est resté fermé mardi après le braquage, tandis que des experts avertissaient que les chances de récupérer les bijoux volés semblaient minces et diminuaient d’heure en heure.

Tim Carpenter, directeur de l’organisation de protection du patrimoine artistique Argus Cultural Property Consultancy et ancien responsable de la division des crimes artistiques du FBI, a souligné qu’il était beaucoup plus facile de faire fondre des bijoux et de les revendre comme métaux précieux que de tenter de monnayer un tableau ou une œuvre d’art célèbre volée.

Le braquage a soudainement mis sous le feu des projecteurs la sécurité des sites culturels français, au milieu des accusations de restrictions budgétaires et d’économies ces dernières années.

Également mardi, dans une affaire distincte mais liée, des charges ont été retenues contre une femme née en Chine accusée d’avoir volé des pépites d’or d’une valeur de plus de 1,5 million de dollars au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris le mois dernier. Âgée de 24 ans, elle a été arrêtée à Barcelone alors qu’elle tentait de se débarrasser de près d’un kilogramme de morceaux d’or fondu.

Deux autres institutions ont été touchées en septembre, et en janvier de cette année, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, avait averti la ministre de la Culture Dati d’un « niveau inquiétant d’obsolescence » dans les capacités de sécurité du musée, y compris l’absence partielle d’éléments de base comme la vidéosurveillance.

L’unité spécialisée de la police parisienne, appelée BRB, qui compte plus d’une dizaine d’agents spécialisés dans les vols de musées parmi une centaine d’enquêteurs, a pris en charge l’affaire du Louvre.