Des milliers de personnes se rassemblent à Berlin pour exiger la fin de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.
Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Berlin, la capitale allemande, samedi 27 septembre 2025, en solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Organisée par environ 50 organisations et associations, dont Amnesty International et le parti Die Linke, cette mobilisation massive visait à exiger la fin du conflit entre Israël et le Hamas dans l’enclave dévastée par la guerre, tout en appelant à une action immédiate contre la crise humanitaire qui s’aggrave.
Les manifestants ont scandé des slogans tels que « libre, libre Palestine » et ont brandi des pancartes réclamant « la nourriture et l’eau comme droits humains ». Selon les estimations de la police, environ 50 000 personnes ont participé à la marche, qui a débuté à Alexanderplatz et s’est dirigée vers la Colonne de la Victoire dans le quartier de Tiergarten. Près de 1 800 agents des forces de l’ordre ont été déployés pour surveiller l’événement, qui s’est globalement déroulé dans le calme, bien qu’une manifestation pro-palestinienne distincte dans le quartier de Kreuzberg ait été dispersée en raison de slogans anti-israéliens.
Les protestataires ont particulièrement insisté sur l’arrêt des exportations d’armes allemandes vers Israël et sur l’imposition de sanctions par l’Union européenne contre l’État hébreu, comme rapporté par l’agence de presse allemande dpa. L’Allemagne, l’un des principaux fournisseurs d’équipements militaires à Israël aux côtés des États-Unis et de l’Italie, a suspendu en août 2025 toutes les exportations militaires destinées à être utilisées à Gaza, suite à l’indignation internationale provoquée par le plan du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour une nouvelle offensive, qui a depuis été lancée. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que son gouvernement n’autoriserait plus, « jusqu’à nouvel ordre », l’exportation d’équipements pouvant être employés dans le conflit à Gaza. Depuis cette décision, aucune nouvelle licence d’exportation d’armes vers Israël n’a été accordée, marquant un gel total des envois, selon des informations du ministère de l’Économie allemand. Cette mesure reflète une évolution dans la politique allemande, traditionnellement pro-israélienne en raison de la responsabilité historique de l’Allemagne pour l’Holocauste, qui a façonné sa politique étrangère axée sur la sécurité d’Israël et la lutte contre l’antisémitisme.
Dans une contre-manifestation séparée, environ 100 personnes se sont rassemblées en faveur d’Israël et « contre toutes les formes d’antisémitisme », selon la chaîne publique allemande RBB. Des échauffourées isolées ont eu lieu lorsque les deux groupes se sont croisés, sans qu’il soit clair si elles impliquaient des affrontements directs entre manifestants ou des interventions policières pour les séparer.
Des manifestations similaires ont eu lieu simultanément dans d’autres villes européennes. À Düsseldorf, dans l’ouest de l’Allemagne, plusieurs milliers de personnes ont protesté sous le slogan « nous n’oublierons pas Gaza — liberté pour la Palestine et tous les peuples opprimés ». À Genève, en Suisse, environ 6 000 personnes ont défilé pour exiger la fin de la guerre, comme rapporté par la chaîne publique SRF. D’autres villes, telles que Rome en Italie ou des localités en Suisse comme Bellinzone, ont vu des rassemblements récents en soutien à Gaza, avec des appels à boycotter les navires transportant des armes vers Israël lancés par des syndicats de dockers européens.
Le conflit a été déclenché par l’attaque du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023, au cours de laquelle près de 1 200 personnes, principalement des civils, ont été tuées et 251 otages enlevés. Israël estime que 20 des 48 otages encore détenus à Gaza sont en vie. L’offensive de représailles israélienne, qui dure depuis 23 mois, a causé plus de 60 000 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza (qui ne distingue pas entre civils et combattants), avec environ la moitié des victimes étant des femmes et des enfants. Plus de 145 000 personnes ont été blessées, et la guerre a détruit de vastes zones de l’enclave, déplaçant 90 % de la population et provoquant une crise humanitaire catastrophique, avec des avertissements d’organisations internationales sur un risque de famine imminente. L’armée israélienne rapporte avoir éliminé ou blessé environ 17 000 à 20 000 combattants du Hamas, sur une estimation initiale de 25 000 forces du groupe.
Ces manifestations s’inscrivent dans un mouvement plus large en Europe, où des appels croissants critiquent la position de l’UE, notamment l’Allemagne, qui a bloqué des efforts collectifs pour condamner le blocus de Gaza et la campagne militaire israélienne.
