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La statue de cire de Macron volée au musée par des activistes dans un contexte de préoccupations sécuritaires

Le 2 juin 2025, vers 10h30, heure locale, les activistes de Greenpeace ont exécuté un vol minutieusement planifié au Musée Grévin situé dans le 9e arrondissement de Paris. Selon les sources policières, trois activistes—deux femmes et un homme—ont mené le vol avec une précision méticuleuse pour éviter toute confrontation avec la sécurité du musée. Les activistes sont entrés au musée en se faisant passer pour des touristes ordinaires, se fondant parfaitement parmi les visiteurs réguliers qui viennent admirer la collection de plus de 200 figures de cire de personnalités renommées. Une fois à l’intérieur, ils ont changé de vêtements pour ressembler à des membres du personnel du musée.

Avec cette nouvelle apparence, ils ont pu se déplacer dans le musée sans éveiller les soupçons. Ils ont ensuite localisé la figure de cire de Macron—évaluée à environ 40 000 € (33 765 £ ; 45 500 $ USD)—et l’ont soigneusement drapée d’une couverture pour la dissimuler. Les activistes ont ensuite quitté le musée par une porte de secours, transportant la figure vers un véhicule en attente à l’extérieur.

Un porte-parole de Greenpeace a expliqué les détails opérationnels : « Il n’y a eu aucun affrontement avec la sécurité du musée parce que nous avons tout organisé minutieusement pour garantir une exécution rapide ». Toute l’opération s’est déroulée sans arrestation sur les lieux, et le musée n’avait pas été informé de l’action prévue à l’avance.

Le Message de Protestation et son Placement

Après avoir retiré la figure de cire du musée, les activistes l’ont transportée à l’ambassade russe située dans la partie ouest de Paris, où ils l’ont placée de manière bien visible devant le bâtiment. Les activistes ont entouré la figure de Macron de plusieurs pancartes et bannières de protestation pour communiquer leur message. Une bannière proclamait « L’Ukraine brûle, les affaires continuent », tandis qu’un autre activiste tenait une pancarte affichant « les affaires, c’est les affaires » à côté de la statue, qui représente un Macron souriant en train d’applaudir.

Le placement devant l’ambassade russe était un geste symbolique destiné à attirer l’attention sur les liens économiques continus de la France avec la Russie malgré les sanctions internationales et le conflit en cours en Ukraine. Les activistes de Greenpeace ont documenté la protestation avec des vidéos et des photographies qui ont capturé la scène devant l’ambassade.

Le Message Politique Central

Greenpeace France a publié une déclaration officielle expliquant la motivation derrière leur action : « À 10h30 ce matin, les activistes de Greenpeace France ont emprunté la statue d’Emmanuel Macron au Musée Grévin, arguant qu’il ne mérite pas d’être exposé dans cette institution culturelle de renommée mondiale tant qu’il n’a pas résilié les contrats français avec la Russie et n’a pas initié une transition écologique ambitieuse et durable à l’échelle européenne ». Jean-François Julliard, directeur exécutif de Greenpeace France, a articulé la critique centrale de l’organisation dans plusieurs interviews auprès des médias. Il a déclaré que Paris « jouait un double jeu » en soutenant l’Ukraine tout en permettant aux entreprises françaises de continuer à importer du gaz et des engrais de Russie.

Julliard a souligné que Macron « représente ce récit contradictoire » et a argumenté que le président français « devrait être le premier » parmi les dirigeants européens à résilier les accords commerciaux avec les entreprises russes. La déclaration de Greenpeace a précisé : « Depuis le début de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron s’est présenté comme un champion de la résistance contre l’armée russe tout en continuant à commercer activement avec la Russie dans des secteurs stratégiques tels que le gaz, les engrais chimiques et l’énergie nucléaire ».

Les Liens Économiques Continus de la France avec la Russie

Les affirmations des activistes concernant le commerce de la France avec la Russie sont soutenues par des données économiques substantielles. Selon une analyse de la BBC de mai 2025, la Russie a continué à gagner des milliards grâce aux exportations de combustibles fossiles vers les nations occidentales, y compris l’Union européenne. Depuis l’invasion complète de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la Russie a généré plus de 883 milliards € (740 milliards £ ; 973 milliards $) provenant des exportations de combustibles fossiles, dont 228 milliards € provenant des pays qui ont imposé des sanctions à Moscou. La majorité de ces revenus, s’élevant à 209 milliards € (176 milliards £ ; 238 milliards $), provient des États membres de l’UE. La France a représenté une portion significative de ce commerce, contribuant 17,9 milliards € (15,1 milliards £ ; 20,4 milliards $) aux revenus des combustibles fossiles russes.

De plus, une recherche du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) a révélé qu’en janvier 2025, la France était le plus grand importateur de combustibles fossiles russes parmi les pays de l’Union européenne, avec des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) s’élevant à 377 millions d’euros (environ 430 millions $). Malgré les engagements internationaux de réduire la dépendance aux sources d’énergie russes, les nations européennes ont fait face à des défis importants pour arrêter les importations de produits critiques tels que le gaz naturel liquéfié.

La Protestation Secondaire et le Retour de l’Artefact

L’action de protestation n’a pas pris fin avec le placement devant l’ambassade russe. Poursuivant l’action tard le mardi 3 juin, les activistes de Greenpeace ont ensuite transporté la figure de cire au siège de la géante française de l’électricité EDF, la plaçant dans un coffre devant le bâtiment de l’entreprise. À cet endroit, ils ont placé la statue sur ses pieds et ont mis à côté une pancarte avec un slogan dénonçant spécifiquement le président français Emmanuel Macron pour ne pas avoir complètement rompu les liens avec la Russie sous Vladimir Poutine, particulièrement dans le secteur énergétique. La pancarte affichait : « Putin-Macron alliés radioactifs », une référence à l’implication des deux pays dans le commerce et la coopération en matière d’énergie nucléaire.

La police est alors arrivée au siège d’EDF et a sécurisé le coffre et la figure de cire avant son retour au Musée Grévin. Lorsque la police est arrivée pour récupérer la figure, Jean-François Julliard, directeur exécutif de Greenpeace France, a expliqué les intentions des activistes : « Nous sommes venus restituer la statue d’Emmanuel Macron parce que, comme nous l’avons dit dès le départ, nous ne l’avions que empruntée ». Cela a souligné que l’action de Greenpeace était une déclaration de protestation temporaire plutôt qu’un acte de vol permanent, bien qu’ils aient toujours été sujets à des poursuites judiciaires pour le retrait temporaire de la propriété du musée.

Les Vulnérabilités de Sécurité Exposées

L’exécution réussie du vol a révélé d’importantes vulnérabilités de sécurité au prestigieux Musée Grévin. Le fait que les activistes aient pu se faire passer pour des touristes, se changer en vêtements du personnel et quitter par une porte de secours sans déclencher d’alarmes de sécurité ni affrontements a démontré des lacunes dans les protocoles de sécurité du musée.

La réponse du musée après la récupération de la figure de cire a reconnu avec humour cette faille de sécurité : « Les figures ne peuvent être vues que sur place », suggérant que le musée devrait mettre en œuvre des mesures de sécurité plus strictes pour prévenir des incidents similaires. Cet incident n’était pas entièrement sans précédent—la figure de cire de Jacques Chirac, ancien président français et maire de Paris, avait été volée au Musée Grévin en 1983, indiquant que le musée avait fait face à des défis de sécurité dans le passé également.

Les Conséquences Juridiques et les Accusations

Suite au retour de la figure de cire à la garde de la police, des poursuites judiciaires ont été engagées contre les activistes impliqués dans le vol. Deux activistes de Greenpeace ont été arrêtés par la police et accusés de vol aggravé pour leur rôle dans le retrait de la statue du musée.

Les activistes risquaient de comparaître devant un juge pour faire face aux accusations formelles liées à l’incident. Malgré les accusations, Greenpeace a maintenu que leur action était une forme légitime de protestation politique visant à attirer l’attention sur les politiques contradictoires de la France concernant le soutien à l’Ukraine et l’engagement économique continu avec la Russie.

Le Contexte International et Politique

Macron a maintenu un rôle de premier plan dans les efforts européens pour soutenir l’Ukraine depuis l’invasion russe en février 2022. Il a pris l’initiative de forger une réponse européenne coordonnée pour défendre l’Ukraine. Cependant, cette posture internationale contraste avec l’engagement économique continu de la France avec la Russie dans des secteurs critiques incluant l’énergie, l’énergie nucléaire et les engrais chimiques.

La déclaration plus large de Greenpeace comprenait des demandes supplémentaires pour des changements politiques européens : « Greenpeace France appelle à la mise en œuvre de sanctions sur les importations d’engrais chimiques russes et à la cessation de ces importations sur le sol français et européen, sans transférer cette dépendance vers d’autres pays ». L’organisation a également appelé la France et l’Union européenne à éliminer progressivement les combustibles fossiles et à cesser les importations de carburant nucléaire liées à la Russie.