Horlogerie

16 étapes marquantes de l’histoire de l’horlogerie suisse

L’horlogerie suisse est un récit fascinant de précision, d’innovation et de résilience. Depuis ses modestes débuts au XVIe siècle jusqu’à sa domination mondiale actuelle, cette industrie a traversé crises et révolutions technologiques. Voici les 16 étapes clés qui ont façonné son destin exceptionnel.

1. L’interdiction de Calvin (1541)

En 1541, le réformateur Jean Calvin interdit le port d’objets ornementaux à Genève. Cette décision contraint les orfèvres et joailliers à se reconvertir dans l’horlogerie, jetant les bases du savoir-faire horloger genevois.

2. Naissance de la première corporation (1601)

Genève fonde la “Maîtrise des horlogers de Genève”, première corporation horlogère au monde. Elle établit des standards de qualité et consolide la réputation d’excellence genevoise.

3. La première montre suisse (1681)

Daniel Jean-Richard, dit “Bressel”, crée à La Sagne la première montre entièrement fabriquée en Suisse. Inspirée d’un modèle anglais, elle marque le début de l’horlogerie jurassienne.

4. L’invention de l’établissage (fin XVIIe siècle)

Jean-Richard développe le système révolutionnaire d’établissage : division du travail entre artisans spécialisés (boîtiers, ressorts, rouages) coordonnés par un “établisseur”. Ce modèle organisationnel devient la colonne vertébrale de la production horlogère suisse.

5. L’expansion dans l’Arc jurassien (XVIIIe siècle)

Les horlogers quittent Genève surpeuplée pour s’installer le long de l’Arc jurassien (Neuchâtel, Berne, Jura). Cette migration diffuse le savoir-faire horloger dans toute la région.

6. Les grandes inventions horlogères (1770-1842)

  • 1770 : Abraham-Louis Perrelet invente la “montre à secousses”, ancêtre de la montre automatique
  • 1816 : Louis Moinet crée le premier chronographe
  • 1842 : Adrien Philippe (Patek Philippe) invente le remontoir au pendant

7. Le choc de la production américaine (1854)

La Waltham Watch Company introduit la production industrielle de montres avec pièces interchangeables. Ce modèle menace l’artisanat horloger suisse traditionnel.

8. L’adaptation industrielle (1876)

Suite au rapport alarmant de Jacques David (Longines) sur les méthodes américaines, l’industrie suisse adopte progressivement la production mécanisée tout en conservant le haut de gamme artisanal.

9. L’avènement de la montre-bracelet (1914-1918)

La Première Guerre mondiale popularise la montre-bracelet, plus pratique que la montre de poche pour les soldats. Cette transition ouvre un nouveau marché massif.

10. La montre automatique (1926)

Première montre-bracelet automatique produite à Granges. Cette innovation majeure permet le remontage par le mouvement du poignet.

11. La crise des années 1930 et la cartellisation

Face à la crise économique, l’industrie se restructure :

  • Création d’Ebauches SA (1927)
  • Fondation de l’ASUAG (1931), quasi-monopole des ébauches
  • Mise en place de conventions collectives

12. La révolution quartz (1967)

Le Centre électronique horloger de Neuchâtel développe la Beta 21, première montre-bracelet à quartz au monde. Cette innovation suisse paradoxalement déclenchera une crise majeure.

13. La crise du quartz (années 1970-1980)

L’offensive japonaise (montres quartz précises et abordables) plonge l’horlogerie suisse dans une crise existentielle. Les effectifs chutent de 90 000 à 28 000 employés.

14. Le sauvetage par le Swatch (1983)

Nicolas Hayek crée la Société de Microélectronique et d’Horlogerie (SMH), futur Swatch Group. La montre Swatch, combinant technologie quartz et design, relance l’industrie.

15. Le repositionnement luxe (années 1990)

Les groupes horlogers suisses (Swatch, Richemont) transforment l’industrie en segment premium :

  • Repositionnement des marques historiques (Omega, Longines)
  • Rachats de manufactures prestigieuses
  • Développement de complications mécaniques haut de gamme

16. L’ère des innovations contemporaines

L’horlogerie suisse continue d’innover :

  • Nouveaux matériaux (céramique, carbone)
  • Montres connectées (Tissot, TAG Heuer)
  • Poursuite de records (ultra-plate, tourbillon)
  • Durabilité et traçabilité

Conclusion

L’horlogerie suisse a traversé cinq siècles de défis en conjuguant tradition et innovation. Des ateliers genevois du XVIe siècle aux manufactures high-tech actuelles, sa résilience repose sur un équilibre unique : préservation des savoir-faire artisanaux tout en adoptant les révolutions technologiques. Aujourd’hui leader mondial du luxe horloger, la Suisse continue d’écrire son histoire au rythme précis de ses balanciers.