Cybersécurité

Cinq façons dont la France renforce sa cyberdéfense dans l’aérospatiale

Face à la multiplication des cybermenaces, la France a déployé une stratégie proactive pour protéger son secteur aérospatial, pilier économique et stratégique. Voici les cinq piliers de cette mobilisation.

1. Création de structures dédiées à la cybersécurité aérospatiale

La France a mis en place des organismes spécialisés pour anticiper et contrer les attaques :

CERT Aviation France

  • Mission : Coordonner la réponse aux incidents cyber (rançongiciels, piratage de données) et partager des alertes en temps réel.
  • Actions clés :
    • Veille sur les groupes cybercriminels comme NoName057(16), responsable de 132 attaques en 2024.
    • Formation des entreprises à la gestion de crise.

Centre d’excellence cyberdéfense aérospatiale (CEC)

  • Objectif : Former des experts via un mastère spécialisé et développer des outils innovants pour sécuriser les systèmes de navigation.
Structure Rôle Impact
CERT Aviation France Réponse aux incidents et partage d’infos 604 attaques traitées en 2024
CEC Recherche et formation 1 000 professionnels formés depuis 2024

2. Renforcement des réglementations sectorielles

Deux textes majeurs encadrent désormais la cybersécurité dans l’aéronautique et le spatial :

  • Règlement européen NIS 2 : Oblige les opérateurs spatiaux à auditer leurs systèmes et à signaler les incidents sous 24h.
  • Loi française sur les opérations spatiales (LOS) : Impose des normes strictes pour les lancements de satellites, incluant des tests de résistance aux cyberattaques.

Exemple concret :

En 2025, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a testé avec succès un protocole anti-intrusion pour les communications satellite-sol.

3. Sécurisation de la chaîne d’approvisionnement

Le programme AirCyber, lancé par BoostAeroSpace, vise à protéger les PME sous-traitantes :

  • Certifications :
    • Niveau Bronze : Sensibilisation des employés aux risques.
    • Niveau Argent : Mise en place de pare-feux et chiffrement des données.
    • Niveau Or : Audit complet des systèmes.

Résultats :

  • 60 % des fournisseurs d’Airbus certifiés « Argent » en 2024.
  • Réduction de 40 % des incidents liés à des failles chez les sous-traitants.

4. Collaboration public-privé

L’État et les industriels unissent leurs forces via :

  • Des exercices communs : Simulation annuelle d’une cyberattaque sur un aéroport, impliquant la DGAC, l’ANSSI et des compagnies aériennes.
  • Financements croisés : 15 millions d’euros investis en 2024 pour moderniser les infrastructures critiques.

Cas pratique :

En octobre 2024, une attaque DDoS contre l’aéroport de Toulouse a été neutralisée en 2h grâce à la coordination entre le CERT Aviation et Orange Cyberdéfense.

5. Innovation technologique

La France mise sur des technologies de pointe pour rester en avance :

  • Intelligence artificielle :
    • Détection automatique des comportements suspects dans les réseaux de contrôle aérien.
    • Réduction de 30 % du temps de réponse aux incidents.
  • Satellites sécurisés :
    • Utilisation de chiffrement quantique sur les satellites militaires CERES lancés en 2025.
Technologie Application Avantage
IA de surveillance Analyse du trafic réseau en temps réel Détection précoce des intrusions
Cryptographie quantique Protection des données satellitaires Résistance aux attaques futures

Conclusion

Avec 604 cyberattaques recensées en 2024 dans l’aérien, la France a transformé sa réponse en un modèle intégré alliant réglementation, innovation et coopération. Ces efforts positionnent le pays comme un leader européen de la cybersécurité aérospatiale, essentielle pour protéger ses 250 000 emplois et ses technologies stratégiques.